New Trad Radio Archives 2026

C’est donc en plein cœur du village de St Aignan/Cher, dans une boutique éphémère transformée en studio de radio que l’on poussait la porte pour s’asseoir et discuter de tout en direct live!

New Trad Radio (NTR) a émis 24/24 pendant toute la durée du festival sur ce site web et en DAB+ à Paris et à Mulhouse grâce à notre partenaire P-Node.

Riche d’une programmation musicale hétérogène, NTR diffusait l’intégralité des concerts et prolongeait ce pont entre les univers des musiques traditionnelles et pop expérimentales si cher au NTF, dans des émissions construites in situ par David Chouferbad.

NTR a transformé l’expérience sonore du festival en un tissu vivant et hybride où la musique, la parole et l’environnement local se sont rencontrés pour construire de nouveaux récits collectifs.

Cette page d’archives vivantes vous permettra de vous (re)plonger dans l’ébullition des concerts de la salle des fêtes du NTF mais on espère aussi que les émissions de NTR vous aideront à (re)penser nos cultures orales en pleine mutation.

Mention spéciale à Paul, Sacha et Zelda pour les logos sonores !

Lancement de New Trad Radio animée par David Chouferbad :

Héloïse, Olmo, Margot, les programmateurs du New Trad Fest inaugurent le studio éphémère situé en plein cœur du village de Saint Aignan.

Grâce à P-Node notre partenaire, NTR devient le canal officiel pour suivre tous les concerts en Live stream. Elle diffuse en continu 24/24 une programmation musicale riche à l’image du festival, elle suscite des échanges et des discours sur le pont entre les musiques traditionnelles et les musiques expérimentales dans une variété d’émissions qui explorent des sujets variés tels que la mémoire collective, les chants de lutte et de résistance, la bioacoustique (cris des lémuriens à Madagascar) ou encore les rites funéraires et la présence de l’invisible dans la musique…

Playlist : reportage du New Trad 2025 réalisé par Aliette de Laleu, Pied Gauche, Maï Maï Maï, Harry Gorsky Brown, Cocanha et Elizabeth Vögler.

After Ciné avec Benoit Perraud :

David et Loriane rencontrent le cinéaste Benoît Perraud qui à l’occasion de la soirée cinema du New Trad Fest est venu présenter son film « Souvent l’hiver se mutine », une sorte de Koyaanisqatsi rural, un véritable ovni cinématographique composé intégralement d’images d’archives amateurs retraçant l’histoire de la paysannerie du Poitou. il explique avoir mené une véritable enquête de terrain pendant dix ans pour exhumer des bobines oubliées auprès de collectionneurs et d’institutions, rendant ainsi hommage à la mémoire populaire et à la richesse artistique du cinéma amateur. Le film se distingue par une bande-son immersive qui mêle chants traditionnels, bruitages musicaux et collectages sonores historiques pour pallier le mutisme originel des pellicules. Benoit souligne enfin que son projet capture un point de rupture historique, notamment à travers le rôle de l’école, marquant le passage d’un monde rural séculaire vers une modernité qui a transformé radicalement les identités et les langues locales.

Les Ribouillault, une fratrie et leur patriarche :

Pour cette première émission en direct de notre studio éphémère, Louis et Edouard accompagnent leur père Claude Ribouillault, musicien, chercheur, collectionneur et ancien international de rugby.

Claude nous dévoile les coulisses de son spectacle « Le musical bazar de Balthazar », un univers peuplé de marionnettes et d’instruments bricolés issus de ce qu’il appelle la « Samaritaine », le dépôt d’ordures de son enfance où tout pouvait reprendre vie.

Louis avec l’équipe du confort moderne sont chargés de créer la scénographie lumière de la salle des fêtes pendant que son frère Edouard participe depuis la première édition à créer l’ADN du New Trad Fest grâce à la sonorisation monumentale sur sa Distomobile.

Accompagnés par la journaliste Aliette de Laleu (France Musique), les Ribouillault nous ouvrent leur album de souvenirs. Dès les premières secondes de l’émission, le ton est donné par la voix de la petite Zelda (fille des programmateurs Héloïse et Olmo) qui signe le jingle de New Trad Radio : ici, la musique est une affaire de famille et de transmission intergénérationnelle. Entre le père qui discute de la présence de l’invisible dans la musique et le fils qui explore l’introspection physique des basses, l’émission célèbre une mémoire qui ne cesse de s’actualiser…

Playlist : Çhâñt élečtrónïqùeArriba quemando el sol

Les Violons du Rigodon

Russel Gray Musician, director of T.R.A.D film documentary and journalist for Télé Millevaches talks with Daniel S. Evans and Nick Granata from Shovel Dance Collective/ Milkweed.

This talk explores the revival of British radical folklore through the lens of contemporary groups like Milkweed, who use anonymity to reject the attention economy and prioritize collective expression. The text deconstructs the bottleneck theory, asserting that traditional English music was artificially frozen and sanitized by 20th-century collectors, contrasting with the organic vitality of traditional French folk dances (bals traditionnels). By linking historical struggles, such as the Kinder Scout mass trespass or the Luddite rebellion, to electronic and experimental sounds, these musicians transform dusty archives into tools of political resilience. Ultimately, this approach aims to reinvent national identity through hybridization, invoking the ghosts of the past to confront the technological and social crises of our modern era.

Liens :

Frontière Dorée – Russel Gray’s Youtube channel with plenty of outstanding video editing of the New Trad Fest : https://www.youtube.com/@RAGRAYEXTRASH/videos

Playlist : Fosters Mill (live in studio) by Nick Granata

Milkweed – My Father’s Sheep is Dead

« Comment invoquer les fantômes du passé afin d’affronter l’algorithme du monde moderne ? Une mise en abîme technologique » : Analyse et retranscription audio de la discussion entre Russel Gray, Daniel S. Evans et Nick Granata fabriquée grâce à Gemini (NotebookLM), l’IA de Google.

Cette discussion entre deux analystes artificiels recrache dans la langue de Molière, l’échange plus haut dans cette page, entre ces trois anglo-saxons passionnés de cultures et de traditions. Ils explorent la renaissance du folklore radical britannique à travers le prisme de groupes contemporains comme Milkweed, qui utilisent l’anonymat pour rejeter l’économie de l’attention et privilégier l’expression collective. Le résumé déconstruit la théorie du goulot d’étranglement, affirmant que la musique traditionnelle anglaise a été artificiellement figée et aseptisée par des collecteurs du XXe siècle, contrairement à la vitalité organique des bals traditionnels français. En reliant les luttes historiques, telles que la marche de Kinder Scout ou la révolte des Luddites, à des sonorités électroniques et expérimentales, ces musiciens transforment des archives poussiéreuses en outils de résilience politique. Cette démarche vise finalement à réinventer l’identité nationale par l’hybridation, invoquant les fantômes du passé pour affronter les crises technologiques et sociales de notre époque moderne.

David Chouferbad interview l’intervieweuse Aliette de Laleu.

Animer une émission diffusée sur une radio nationale et parler de notre rapport aux cultures populaires locales qui ont été historiquement « effacées » par un récit axé sur l’unité nationale, c’est la mission d’ Aliette chaque samedi dans Planète Ocora sur France Musique.

En plus de s’intéresser au langage radiophonique, Aliette est sensible aux langues régionales.

Elle aime faire entendre la langue des artistes qu’elle invite dans son émission, avant même leur musique. Aliette est active aussi sur New Trad Radio et en plus de couvrir le festival, elle a donné une conférence sur les chants de lutte et de résistance et a présenté au cinéma sa chronique vidéo sur la grève des sardinières à Douarnenez en 1924.

Aliette défend une vision politique du journalisme radio. Elle voit dans sa « liberté totale » de programmation sur France Musique un contre-pouvoir aux radios commerciales, permettant de donner une légitimité à des artistes qui ne seraient pas diffusés ailleurs. Elle utilise ce médium pour assurer la pérennité de musiques « aventureuses » et documenter l’invisible.

L’émission diffusée en direct depuis le studio éphémère donne directement sur la rue, donc la radio peut se transformer parfois en point d’accueil et d’informations pour une charmante passante et même recevoir toute une fanfare !

Liens: https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/planete-ocora

Playlist : Reportage du New Trad 2025 réalisé par Aliette de Laleu,

Çhâñt élečtrónïqùeKomu Majka

La Compagnie chez Bousca – Le Navire de Bayonne

Mari Lou Williams – The Black Christ of the Andes

La Fanfare de St Aignan/Cher

Sibylle Baier – I Lost Something in the Hills

Babakoto, un tabou culturel pour protéger l’animal.

Se réveiller tous les matins à 5h pendant 3 mois pour enregistrer le chant des Indri Indri, le plus grand lémurien vivant à Madagascar, c’était la routine de la bioacousticienne Luce Roux.

Comme elle passait par le New Trad Fest avant de rejoindre « L’Università degli studi di Torino » son labo à Turin pour analyser ses données, l’occasion d’écouter en exclusivité ces enregistrements était immanquable pour Zelda…

Luce décrit la dimension à la fois scientifique et sensorielle de son travail, soulignant l’importance de protéger cette espèce en danger critique d’extinction qui existe uniquement à l’état sauvage, dans les forêts humides du nord-est de Madagascar. Le dialogue explore la culture locale malgache au travers des légendes qui entourent l’origine du nom « Babakoto », les tabous protecteurs nommés « fady » et les traditions musicales comme le Salegy, illustrant le lien profond entre les habitants et leur environnement.

Luce remarque que les chants des Indri Indri se répondant un à un sans se chevaucher dans la canopée ressemblent au flow d’une bourée dans un bal trad.

Qu’elle soit humaine ou animale, la musique est un appel à habiter le monde, à cohabiter avec l’invisible et à retisser des liens de solidarité face aux menaces des disparitions actuelles.

Enfin, Luce nous fait découvrir le musicien Mily Clément, qui puise son inspiration dans les cérémonies spirituelles malgaches, telles que le Trumba (ou Tomba), dont la fonction originelle est de faire revenir des êtres disparus, un écho à l’émission avec Tilhenn Klapper où vous retrouverez aussi Luce Roux un peu plus bas dans cette page.

Lien : https://www.association-gerp.org/
https://luce-lucus.bandcamp.com/

Playlist : Mily Clément – Mandrora Mantsilagny

Lise Barkas et Maxime Petit VS les Indri Indri

« Tous les mondes ne sont pas hermétiques ou comment réengager les fantômes dans la danse des vivants » Une discussion vertigineuse avec Tilhenn Klapper, Héloïse Thibault, Luce Roux, Marion Brasset, René Danger et David Chouferbad.

Vous n’allez pas entendre ici un débrief du concert de La Tene qui a mis tout le monde d’accord la veille au soir, car comme le dit Tilhenn : « on ne vient pas au New Trad pour voir des stars monter sur scène ».

Tilhenn Klapper est artiste-chercheur, elle mène une thèse de « recherche-création » dans le laboratoire SACRe à l’École Normale Supérieure (ENS) et aux Beaux-Arts de Paris. Inspirée par les enquêtes d’Ernesto de Martino sur les pratiques rituelles du deuil, notamment celles des pleureuses en Italie du Sud, Tilhenn explore les liens entre les traditions orales, les rituels de deuil et la création contemporaine. Le cœur de sa recherche porte sur les gwerzioù, un répertoire de complaintes narratives bretonnes chantées acappella depuis le Moyen-Âge. Dans son spectacle Lament qui fusionne physiquement la structure circulaire des danses bretonnes avec l’énergie du pogo, elle dresse un parallèle entre la lamentation traditionnelle des gwerzioù et l’énergie brute d’un concert de hardcore. Pour Tilhenn, s’intéresser aux gwerzioù aujourd’hui n’est pas une démarche nostalgique, mais une nécessité face à un monde en crise. Elle définit notre attrait pour le « trad » comme un appel méthodologique pour apprendre à faire face collectivement à la perte dans un contexte d’extinction de masse et de crises climatiques. Elle partage une vision où les mondes ne sont pas hermétiques, ce qui se reflète dans l’idée que jouer un instrument trad ou chanter une vieille complainte permet de rendre les morts, humains comme non-humains, actifs dans le présent.

Traumatisme transgénérationnel, moshpit, notion d’ilinx, chants de lamentation, cris d’Indri-Indri et Merzbow, tout se relie et s’écoute ici :

Liens : Berzosa, José Maria. Frances : Des choses vues et entendues ou rêvées en Bretagne. INA Antenne 2. 1979. 59 min.
https://madelen.ina.fr/content/frances-des-choses-vues-et-entendues-ou-revees-en-bretagne-75252

Références : Robert Pogue Harrison – The Dominion of the Dead

Vinciane Despret – Les morts à l’oeuvre

Playlist : René Danger – La Tene

Où voir le travail de Tilhenn
– Dans l’exposition « Les voix se lèvent » à la Cité Internationale des arts, à Paris, jusqu’au 11 juillet
– Dans l’exposition « Demeure » au cimetière parisien de Pantin, jusqu’au 15 novembre